lundi 26 juin 2017

Roger de Laron et les Templiers – Secrets et Légendes -2/.

La Fin des Templiers :

En 1307, peu de monde défend les templiers... Le désenchantement de la Noblesse et du Peuple envers ceux qui étaient censés défendre la Croix contre les infidèles ; la transformation des moines guerriers en propriétaires terriens, en banquiers ; des cérémonies d’admission et d’initiation des moines considérées comme secrètes et incompréhensibles, voire hérétiques … Tout ceci a pour effet de rendre tout à fait plausible les incroyables allégations qui sont faites par les sbires du Philippe IV, contre les templiers ....
Philippe le Bel, monarque toujours en manque de ressources, se met à penser à l’utilité du Trésor des Templiers. S’il ne sert plus à financer les expéditions chrétiennes en territoire musulman à qui pourrait il profiter ?
De plus cette constellation de châteaux, forteresses et couvents dans les mains des guerriers du Christ, forment un empire hors de contrôle du souverain : l’Ordre des Templiers se positionne comme un état au sein d’un état.

Philippe IV commence par lancer une campagne de calomnie contre les Templiers, accusant ces derniers d'être des sodomites, ainsi que de participer à des rituels sataniques...
Avant d'abattre le Temple, Philippe IV doit renverser celui qui en possède l'autorité : le Pape. Par l’entremise de son fidèle Guillaume de Nogaret (1260-1313), il profite de la confusion qui s’abat sur Rome, accuse Boniface VIII d’hérétique, et lui arrache le pouvoir, le bannissant de la cité.
Auparavant, en 1296, Philippe le Bel soumet le clergé français à impôt sans l'aval du pape Boniface VIII ; celui-ci le menace d'excommunication … Le roi lance une campagne de pamphlets, dénonce l'hérésie, le parjure, le mépris des sacrements et même les pratiques sexuelles douteuses de Boniface VIII. C'est Nogaret, qui se rend à Anagni, et au beau milieu d'une insurrection menée par les frères Colonna, deux cardinaux que le pape a spoliés de leurs biens, il signifie au pape qu'une assemblée réunie au Louvre a décidé de déposer et de faire juger le pape Boniface VIII... Pendant deux jours, sous la pression des Français, Boniface est prisonnier en son palais d’Anagni (septembre 1303). Libéré par ses partisans, Boniface VIII, humilié, meurt quelques semaines plus tard.
Ensuite en juin 1305, Philippe le Bel fomente l’investiture d’un de ses sujets Bertrand de Goth, l’archevêque de Bordeaux pour être nommé pape : Clément V (1264-1314) annule tous les actes de Boniface VIII contre Philippe le Bel.
Le 14 septembre 1307, le Roi signe en l'abbaye de Maubuisson, l’ordre d'arrestation de tous les Templiers établis sur son royaume. Des ordres cachetés sont envoyés à tous les baillis et sénéchaux du royaume. Ils ont instruction formelle de ne les ouvrir que le 12 octobre au soir.... On connaît la suite ...
Arrestation des Templiers eu octobre 1307
Clément V s'émeut du procédé royal ... En accord avec les souverains étrangers, il tente de réagir. Deux conciles réunis à Trèves et à Mayence déclarent les templiers innocents. Mais il est trop tard.

Les templiers pressentant l’imminence de l’intervention de Philippe le Bel, ont débarrassé les commanderies de tous les documents, comptes, archives diverses en leur possession.
Que sont devenus ces documents ?
A ce trésor de documents s’ajoute le trésor constitué par les importantes sommes d’argent déposées dans leurs coffres.

Lors du procès, un frère templier, Jean de Châlons ( qui est sergent) ; prétend avoir cherché à s'opposer à la fuite de frère Gérard de Villers à la tête de 50 chevaux ; 40 chevaliers et 10 chevaux portant les coffres du Trésor Général. Ils auraient pris la mer avec dix-huit galères. A moins que ceci, ne soit qu'un stratagème pour détourner l'attention des officiers du roi de France...
Le ''trésor'' aurait été dispersé...
Plusieurs lieux ont été cités, bien connus et d'autres moins... Par exemple, les souterrains du château de Juillé ( secret confié par Hubert de Faudoas, qui fut le page de Guillaume de Beaujeu, un grand Maître de l'Ordre du Temple tué à Saint Jean d'Acre en 1291 ) ; vers la forêt d'Orient ( dans les étangs entre Troyes, Payns, Clairvaux ) ; cette région même qui sert de source d'imagination à Chrétien de Troyes, pour décrire les territoires du Roman de Perceval,; la ''piste'' d'Aquitaine, et La Rochelle ( pour un départ maritime …), à Barbezières, au Mont Dore ( Auvergne), en Ecosse, au Portugal, voire en Amérique … !

Et si pour pour certains le véritable trésor du Temple est autre, et s'est maintenu jusqu'à aujourd'hui ... Roger de Laron, dirait que le véritable trésor est de l'ordre d'une ''science''.
Si encore le trésor est de l'argent, des reliques, des objets liturgiques, des textes antiques... Tous se rejoignent dans un vocabulaire compris d'eux-mêmes : l'Or, l'or alchimique, les pommes d'or, la Toison d'or, l'Arche, les Tables, l'Oeil d'Horus, la Coupe Sainte... Etc... Bref : Le Graal... Il n'y a pas de définition possible du Graal... Le Graal apportait à ceux qui pouvaient le contempler, toute nourriture et toute joie. Pour cela il est nécessaire d'ouvrir son esprit à lire directement dans la nature même des choses …


vendredi 23 juin 2017

Roger de Laron et les Templiers – Secrets et Légendes -1/.-


L'importance de l'Ordre du Temple.

Ce 23 décembre 1095, le pape Urbain II entre à Limoges. - Il y a un mois que '' l'appel '' de Clermont à la 1ère croisade a eut lieu. Le jour de Noël, il célèbre trois messe : à l'abbaye de la Règle, à l'abbaye Saint-Martial puis à la Cathédrale. Le 29 et le 30, il consacre les deux basiliques.
De nombreux seigneurs locaux rejoignent l'armée du comte de Toulouse. Cette croisade aboutit le 15 juillet 1099 à la prise de Jérusalem.

En 1116, Hugues, le puissant Comte de Champagne, un des princes les plus riches du royaume de France, marié en 1093 à Constance de France, fille du roi Philippe 1er, répudie femme et enfants. Il abandonne ses richesses et les siens pour rejoindre le nouvel Ordre du temple et surveiller les routes sous les ordres de Hugues de Payns, son ancien vassal... ( Unique.. ! dans les annales du Moyen-âge..) Pourquoi ? Que cherche t-il ?

* L'Ordre du Temple est fondé en 1120 et reconnu par le Concile de Troyes en janvier 1129.
Bernard de Clairvaux et les Cisterciens guident les premiers pas de l’Ordre.
L’Ordre est composé de chevaliers, de chapelains, de sergents formant la masse des simples soldats, et enfin d’une multitude d’artisans de tous métiers. Tous sont liés par la Règle, mais seuls les premiers, réunis en Chapitre, exercent le gouvernement.
Règle de l’ordre du Temple
Premiers mots (Incipit) de
la règle de l’ordre du Temple
adoptée au concile de Troyes de 1129.

Le concile de Troyes (1129) rend les Templiers intouchables. Seul le Pape a dorénavant prise sur l'Ordre... Ils échappent également à tous impôts et toutes dîmes, laïques ou épiscopales...
Presque immédiatement, l'Ordre se trouve richissime : en Orient par le gain des armes ( le pillage...). En Occident par les dons : par pénitence, par peur de l'au-delà... Des terres , de l'argent, des héritages... Le Roi d'Aragon voulut même donner la totalité de son royaume … !
Les Templiers sont chambellans et aumôniers de la papauté. Ils sont aussi chargés de récolter les taxes sur les croisades. Ils disposent d’une formidable puissance économique qui fait d’eux d’incontestables financiers et d’évidents détenteurs de la plus grande partie du réseau des châteaux forts sans lesquels l’établissement des croisés en Terre Sainte n’aurait eu aucune chance de survie.
Les Templiers créent en plein Moyen-Âge un système monétaire perfectionné dans lequel figurent la plupart des opérations modernes : ouverture de comptes courants, avances, cautions, gestion de dépôts, transferts internationaux de fonds...
Tout seigneur qui partait en croisade pouvait sécuriser ses biens en les confiant au Temple. Une lettre de change lui était alors remise. Grâce à cette dernière, celui-ci pouvait retirer les sommes d’argent dont il avait besoin tout au long de son voyage, dans l’une des commanderies rencontrées sur son chemin.

Des spécialistes ont calculé qu’au XIIIe siècle, l’Ordre du Temple tirait de toutes ses activités bancaires, un revenu annuel moyen de 112 millions de livres, c’est-à-dire à peu près cent milliards de francs en 1999.

Après la chute de Saint-Jean d'Acre en 1291, l'Ordre du Temple se replie dans ses ''maisons''...
Ces commanderies sont principalement des exploitations agricoles dont une partie des revenus alimente leurs finances ; le templiers ne négligent pas non plus de s'installer en ville.


Aux XIIe etXIIIe siècles, notre région du Limousin correspondait au comté de la Marche au nord et à la vicomté de Limoges au sud, tous deux vassaux du Duché d'Aquitaine . Les templiers avait une organisation territoriale qui leur était propre et une grande partie de cette région faisait en fait partie de la province templière d'Auvergne qui se forme entre 1180 et 1190, le reste étant vraisemblablement dépendant de la province d'Aquitaine... On dénombre près de trente six établissements dans le Limousin.
Entre 1175 et 1200, pour le diocèse de Limoges, huit maisons sont situées au nord du diocèse ( la Creuse actuelle ).
La commanderie de Lavaufranche en Creuse
Pour le siècle suivant, ce sont une vingtaine d'églises, et de chapelles qui apparaissent...
Au XIIIe siècle, nous sont révélées 15 maisons templières et 11 hospitalières.
L'ordre du Temple s'est installé un peu partout sauf au Nord-ouest du département creusois et à l'est.
Les Templiers ne se préoccupent pas des limites des diocèses. Ils ne dépendent que du Pape...


Les maisons du temple seront au nombre de 9.000, elles feront de l’Ordre la plus puissante banque d’Europe, son trésor constituera la caisse centrale des croisades.
Principales commanderies templières en Europe : France 360, Italie 118, Espagne 59, Royaume Uni 45, Allemagne 20, Portugal 15, Pologne 12, République d’Irlande 11, Ecosse 9, Belgique 9, République Tchèque 5, Autriche 4.
L'ordre devient le premier propriétaire foncier en Europe Via son réseau de commanderies...

Parmi les maisons ayant tenu un certain rôle, il faut nommer Paulhac ( près de Fursac) . Gérard de Sauzet, maître de la province d'Auvergne se rend régulièrement dans la commanderie de Paulhac. Trois des derniers maîtres du Temple en Auvergne et Limousin entre 1290 et 1299, y ont tenu des chapitres ; et elle est citée à plus de vingt reprises dans les actes du procès.

Autour de Laron ( Saint-Julien le Petit) les Templiers possèdent des biens à la Jonchère, des églises d’obédience templière : ainsi à Saint Jean de Lépinas près de St-Léger et à Sauvagnac, une « grange dîmière » au Coudier d’Ambazac. Dans l’église et dans le cimetière, il se trouve de nombreuses tombes bâtières à la symbolique templière. Selon des manuscrits du XIIe siècle, Saint-Maurice de La Jonchère serait la plus ancienne église d’importance après Saint Martial de Limoges. À cette époque sera construite une « maison des romeux » (pèlerins) aux Marmiers (disparue depuis) …
Connue également, la commanderie templière de Puy Bonnieux ( aujourd'hui sur la commune de Pageas en Haute-Vienne) à proximité d'un des itinéraires de Saint-Jacques-de-Compostelle qui traversait la région limousine. Est mentionné, le Moulin du Temple sur la Gorre ; les paysans des hameaux voisins étaient tenus d'y moudre leurs grains. Le moulin du Temple rapportait jusqu'à « soixante setiers de seigle. » sources: Augustin Vayssière.
Le monastère de Sauvagnac – fondé par des moines grandmontains - devient à la fin du XIIe siècle, une dépendance de la Commanderie des Templiers de Paulhac.  

mardi 20 juin 2017

Roger de Laron : sa Foi en cette fin du XIIIe s.

Roger de Laron, le sait...Et, nous l'avons déjà évoqué... : (Roger de Laron : les Templiers et le Saint-Suaire.)
- Les Templiers ont possédé, et possèdent encore le linge qui a enveloppé le cadavre de Jésus ; cette relique est protégée parmi le Trésor disséminé après l'arrestation des chevaliers. ( Cf, le prochain article)
Ceux qui l'ont vu, en particulier les grands Maîtres de l'ordre, évoquent ce linge en décrivant un visage qu'il garderait inscrit dans le tissage, avec les marques du supplice... Certains chevaliers adorent la relique, et d'autres les accusent d'adorer une idole...

Roger de Laron, reste prudent sur ces accusations... Lui même, quand il fut interrogé par l’évêque, a récusé toutes les abominations prêtées au chevaliers pauvres du Christ... Ce dont il peut témoigner, c'est un rituel d'obéissance établi par les Templiers qui met à l'épreuve les recrues, et qui reprend des gestes de leurs ennemis pour les édifier, et peut-être les préparer... En effet, les sarrasins obligent les prisonniers chrétiens, sous peine de mort, à renier Jésus-Christ et à cracher sur la croix...

Bien sûr, Roger de Laron croit en un seul Dieu, qui se manifeste en une Trinité. Il croit au Père, créateur de toutes choses.
La création est parfaite, à l'image du créateur... Au travers de ses voyages et de ses rencontres, le seigneur de Laron a très vite été intrigué par les questions sur l'origine des dieux, du ciel et de la terre que les différents peuples se posent délicatement exprimés dans des contes, des histoires ( des mythes)... Ainsi, a t-il entendu parler au sein du Chaos, des noces entre la terre et le ciel. C'est Chronos, qui sépare l'étreinte en coupant le sexe de son père... Certains évoquent un œuf, concentration de vie... La grande question débattue parmi les sages, est de savoir si le monde est fini ou infini... ?

La conviction de beaucoup de lettrés est que Dieu étant infini, il ne peut avoir créé un monde fini : ce serait chose indigne de sa puissance créatrice... Pourtant, Roger sait qu'il ne faut pas trop le dire... Les clercs proches des puissants de l’Église abhorrent l'idée d'un univers infini : l'ordre et l'harmonie du monde ne peuvent exister dans un espace infini.
Si la Terre est au centre du monde... Manifestement, pour les hommes du XIIIe siècle, le monde est un lieu différencié, hiérarchisé, organisé et cohérent ; il est le fruit de la réflexion de la plus haute intelligence... Ce sont les séparations qui ont permis aux jours, nuits, mers, terres, sexes de se créer... L'homme lui-même est séparé de Dieu ...

Ce qui édifie Roger de Laron, également, c'est la religion des sarrasins. L'islam, avec la croyance en un Dieu unique, transcendant, source unique de la doctrine, professe l'unité des êtres humains entre eux et avec le cosmos.
La nature vivante, n'est pas une matière inerte, elle est habitée par le souffle de Dieu, sa destinée est interdépendante de la notre.
Le chevalier templier garde, tel un trésor, la traduction d'un texte arabe d'Huseyn Mansûr Hallâj ( mort en 922 à Bagdad)
Ce texte est éminemment alchimique, il décrit les différentes opérations de transformation de soi, par l'anéantissement de l'égo et par l'advenue de Dieu en soi...

« C'est le recueillement, puis le silence ;
puis l'aphasie et la connaissance ;
puis le découverte ; puis la mise à nu.

Et c'est l'argile puis le feu ; puis la clarté et le froid ;
puis l'ombre ; puis le soleil. (…)

Et c'est l'ivresse puis le dégrisement ;
puis le désir, et l'approche ;
puis la jonction ; puis la joie.

Et c'est l'étreinte puis la détente ;
puis la disparition et la séparation ;
puis l'union ; puis la calcination. »

C'est à Chypre, que Roger de Laron a entendu parler de la première fois de la science du ''Grand Oeuvre'' ; un savant sarrasin enseignait que l'or représentait l'équilibre parfait entre les deux principes opposés et complémentaires le Soufre et le Mercure... Raymond Lulle (1235-1315) que Roger a compris la description opérative du monde dans lequel il vivait..
Ces quelques mots étaient le départ semblait-il d'une théorie qui englobait le visible et l'invisible … C'était assez tentant … Mais c'est avec
Pour résumer : le monde visible est décrit selon une structure ternaire ; et qui prend son origine dans la matière primordiale ( crée par Dieu) : elle est représentée par le ''Vif Argent'' ou Mercure. De cette matière initiale se sont extraits les corps angéliques, les corps célestes ( les astres ..) et les corps terrestres. Des corps terrestres nous connaissons ( Aristote) - les Quatre éléments : l'eau, la Terre, l'Air et le Feu.
Les alchimistes ont découvert, également : la Quinte essence... Raymond Lulle la décrit comme un esprit subtil répandu dans l'ensemble de la nature et qui vient s'ajouter aux quatre éléments.
Cette essence s'appelle un alcool...

A son retour en Aquitaine, Roger de Laron, s'est vite aperçu, qu'en ce XIIIe siècle, les moines pratiquaient dans leurs monastères cette alchimie ; sous les deux formes, matérielle et spirituelle.

Parmi eux, Roger Bacon (1214-1294), franciscain après avoir été marié, a atteint une certaine notoriété...

Roger Bacon - Alchimiste - Conte.

samedi 17 juin 2017

Robert de Laron, la magie - Michael Scot -

Michael Scot (1175-1235), quitte vers 1220 l'Espagne. A Bologne, il est médecin. Entre 1224 et 1227, Michael Scot se trouve au service du pape Honorius III (?-1227) et de son successeur Grégoire IX. Le 31 mai 1224, il est nommé archevêque de Cashel en Irlande.

Cependant, il doit renoncer à ce siège, car il manie mal l'irlandais. Le 9 mai 1227 on lui donne d'autres prébendes en Écosse et en Angleterre. Enfin, on sait qu'en 1127, il est astrologue à la cour de l'empereur Frédéric II (1198-1250), empereur du Saint-Empire ( il est roi de Germanie, de Sicile et de Jérusalem). Il a accueilli des savants du monde entier à sa cour. Il porte un grand intérêt aux mathématiques et aux beaux-arts... A sa mort, on l'évoque comme la ''stupeur du monde'' ; dans l'esprit des gens à l'époque, il est ''l'Empereur endormi'' dans les profondeurs d'une caverne, et on attend son retour...
On dit que Frédéric II a mis à l'épreuve son astrologue de cour et conseiller médical et lui a demandé de calculer la distance entre le ciel dont il parlait toujours, et la pointe d'un clocher. L'astrologue fait le calcul et donne le résultat à l'empereur. Après quoi Frédéric fait en secret abaisser la tour de la largeur d'une main et demande à Michael Scot de calculer encore une fois la distance, prétendant l'avoir oubliée. N'aboutissant pas au même résultat Michael Scot en conclut que le ciel avait monté de la largeur d'une main ou que l'église avait baissé d'autant. L'empereur alors embrasse son astrologue pour avoir fait un calcul si exact.

Michael Scot aurait prévu qu'il serait tué par une petite pierre... Il s'était donc fait une protection pour la tête, le Cerebrerium. Un jour, pendant que Michael Scot assiste à la messe, il enlève cette coiffure comme il convenait, et justement alors une petite pierre tombe de la voûte et le blesse légèrement à la tête. Après qu'il eut considéré la pierre, il règle encore ses affaires et meurt peu après.
Riders of the sidhe - John Duncan


* Concernant Michael Scot, Roger de Laron aime rapporter cette anecdote que l'on se raconte entre alchimistes :
Le décor est une fête à la cour de l'Empereur. Alors que les invités se pressent, Michael Scot offre au monarque un cadeau : un miracle qu'il peut choisir dans l'instant. Frédéric II lui suggère de convoquer une pluie rafraîchissante, car le temps est lourd et oppressant. Aussitôt, la pluie commence, et stoppe à l'ordre du magicien …
L'empereur, à son tour lui offre une récompense. Et Scot demande la permission de choisir un de ses chevaliers pour l'aider à résoudre une difficulté majeure que vit un seigneur étranger. Ulfo, un chevalier allemand, est choisi. Tous deux quittent la fête, alors que l'on commence à peine à recevoir les invités...

Ulfo entreprend ainsi l'aventure commanditée par Scot. Ils partent pour la Sicile, et de là, s'arment de deux grandes galères, et d'une force armée et, traversent la Méditerranée. Ils naviguent jusque devant Gibraltar et se risquent sur la mer de l'Ouest, où ils trouvent une terre inconnue. La population locale se joint à l'armée d'Ulfo lors de deux batailles et un siège, contre un roi hostile.
Ulfo triomphe contre l'ennemi, et se marie avec la fille du roi ; et même règne à sa place. Scot , alors, disparaît et ne ré-apparaît que plusieurs années plus tard, pour demander à Ulfo de l'accompagner pour une visite à l'Empereur, dont il avait quitté la cour il y a plusieurs années.
Ulfo revient donc, à la cour de l'Empereur. La scène est comme il l'avait laissée, plusieurs décennies auparavant. Les serviteurs distribuent des coupes d'eau aux invités pour se laver les mains avant la fête à la cour. Rien n'a changé, et il ne s'est passé qu'un instant depuis le départ d'Ulfo...

Malheureusement, Ulfo a passé le reste de sa vie à pleurer la vie qu'il avait perdu.

mercredi 14 juin 2017

Robert de Laron, la magie noire et le Diable. -2/2-

A l'égard du Diable et de ses pouvoirs, les histoires sur Roger de Laron, en constituent un vivant exemple. Ainsi, celle-ci :
On raconte que Roger eut commerce avec Satan lui-même, mais dans un but charitable, pour tenter de sauver un étranger rencontré par hasard.

Un jour, alors que, perdu dans ses pensées, le seigneur de Laron s'est éloigné du château et se promène aux alentours du village de Saint-Julien, il tombe sur un jeune homme affalé dans l'herbe, une épée en travers de ses genoux et les yeux pleins de larmes. Le chevalier s'arrête pour s'enquérir de ses malheurs et le réconforter et – pense t-il - l'empêcher d'attenter à ses jours, comme son attitude peut le donner à craindre.
Il entend alors le récit d'une bien curieuse aventure.

Le jeune homme a mené une vie des plus dissolues: ayant dilapidé son héritage en beuveries et jusqu'à perdre son fief au jeu, il s'est abouché avec un vieux sage ( semblait-il) qui lui a offert son aide. Celui-ci s'engage à payer les dettes du jeune homme et à subvenir à ses besoins, en échange, le jeune homme se mettrait à l'entière disposition de son bienfaiteur.
Les dettes ont été honorées, et le vieillard est venu réclamer son dû. C'est alors seulement - en humant une écœurante odeur de corps en putréfaction et en apercevant l'éclat d'un regard infernal dans l'ombre du capuchon - qu'il a brusquement compris qui était son créancier...
Comme il a été dupé, il a exigé obtenir un délai d'un jour avant de lui appartenir corps et âme pour toujours, et cette journée touche à sa fin... !
Roger de Laron l'écoute d'un air empreint de gravité. Et, fort de ses connaissances, de ses aventures, il s'offre pour lui venir en aide....
Il offre l'hospitalité au jeune homme, et le lendemain matin, dans le froid de l'aube, ils se mirent – tous deux – en route pour rencontrer Satan à la lisière d'un bois de la chatellerie, là où deux chemins se croisent.
Quand ils arrivent au lieu du rendez-vous tout semble paisible. L'air sent bien la fumée, mais cela peut être dû au travail des charbonniers qui travaillent non loin de là.
Un homme âgé, portant une houppelande et un capuchon noir, les attend. Il a l’air plutôt inoffensif, bien que son visage soit dissimulé dans l'ombre Mais quand il lève la main et que sa manche se relève, le seigneur de Laron lui-même a un sursaut. Il n'y a pas de bras auquel la main soit rattachée. Ils ne perdent pas de temps en préliminaires. Le vieillard prend Roger à témoin du marché conclu, selon les termes duquel lorsque toutes les dettes du jeune homme auront été payées, celui-ci "doit se tenir à l'entière disposition du créancier, et accourir librement et sans aucun délai au premier appel du créancier susdit ".
Le seigneur de Laron lit et relit attentivement le contrat, puis il demande au jeune homme: « Est-ce
bien votre signature ? Vous avez accepté, dès que toutes vos dettes auront été payées, de vous donner à Satan ici présent?»
« C'est vrai », répond le jeune homme, « mais je ne savais pas qui il était quand j'ai signé "
Roger écarte l'objection d'un geste de la main et reprend :
«  Mais il est clair pour moi que toutes vos dettes n'ont pas été payées... Vous n'avez pas remboursé le créancier qui se tient devant nous. Et tant que cette dette reste impayée, il n'a aucun droit sur vous. »

Sur ces mots, le chevalier se tourne vers le vieil homme et de la main droite il fait dans l'air le signe de croix des Templiers... Aussitôt, la silhouette encapuchonnée s'évanouit...

dimanche 11 juin 2017

Robert de Laron, la magie noire et le Diable.-1/2-

Il y a, dit-on, loin en Espagne, une école qui s'appellerait l'Ecole Noire. On y apprend la science de la matière, la magie et autres sciences antiques. Cette école se trouve dans une caverne au bout d'un souterrain très profond. Il n'y a, bien sûr, aucune fenêtre, aussi y fait-il toujours noir, du moins comme dans un four.... Il n'y a pas de professeurs, on apprend tout dans des livres écrits en lettres de feu que l'on peut lire dans l'obscurité. Ceux qui apprennent là ne peuvent sortir en plein air ou voir la lumière du jour tant qu'ils y restent, et il leur faut patienter dans cette écoles trois, cinq ou sept ans pour terminer leurs études.

Chaque jour, une main grise et velue entre par le mur et tend à manger aux étudiants. Celui qui tient cette école a stipulé que le dernier à quitter l'école, chaque année, lui appartient. Et comme ils savent tous que c'est le Diable qui tient l'école, chacun tente tout pour éviter d'en sortir le dernier.

Il est arrivé que le Diable voit sa proie lui échapper...
Une fois, il y eut trois Islandais à l'Ecole Noire: Saemundur le savant, Kalfur Arnason et Halfdan Eldjarnsoon ou Einarson qui, par la suite, fût prêtre à Fell dans le Slettuhlid. Ils devaient quitter l'école tous ensemble et Saemundur s'offrit à sortir le dernier. Les deux autres s'en réjouirent. Saemundur s'enveloppa dans un grand manteau, sans enfiler les manches et sans boutonner un bouton. Il y avait un escalier pour remonter de la maison d'école. Lorsque donc Saemundur arriva à l'escalier, le diable empoigna son manteau en disant: "Toi, tu m'appartiens." Alors, Saemundur se débarrassa de son manteau et sortit en courant. Il ne resta que le manteau entre les mains du diable. Mais la porte de fer grinça sur ses gonds et claqua si fort sur les talons de Saemundur qu'il fut blessé aux os des talons. Alors, il dit: "La porte a claqué tout près des talons" - et c'est devenu depuis un proverbe.
Voilà comment Saemundur parvint à quitter l'Ecole Noire avec ses camarades. D'autres disent que lorsque Saemundur le savant monta l'escalier et passa les portes de l'Ecole Noire, le soleil brilla sur lui et porta son ombre sur le mur. Quand, donc, le diable voulut s'emparer de Saemundur, celui-ci dit: "Je ne suis pas le dernier. Tu ne vois pas celui qui me suit?" Le diable saisit alors l'ombre qu'il prit pour un homme et Saemundur s'échappa et la porte claqua sur ses talons. Mais à partir de ce moment là, Saemundur n'eut plus jamais d'ombre parce que le diable ne la lui rendit jamais.

A l'issue de leurs études, ces ''savants'' peuvent se permettre d'assister à des événements lointains, et donc de se déplacer à la vitesse de l'éclair. Ils peuvent invoquer des démons.
Saemundur possédait des pouvoirs très étendus. Le bruit courait qu'il était servi par un démon familier qui le transportait par delà les mers à sa demande, et qui s'occupait du bon ordre de sa maison et de ses propriétés. Et, le Diable attendait tranquillement son heure, car on racontait aussi que des légions de démons se pressaient autour du 1it de mort de Saemundur, guettant l'instant où
son âme quitterait son corps.
Il semble que tous les adeptes de cette école de magie disposaient et disposent des mêmes pouvoirs. 

Le savant écossais Michael Scot (1175-1232), par exemple, contemporain de Bacon, avait sous son autorité, à son retour d'Espagne, une nuée de serviteurs infernaux, et il possédait un ouvrage intitulé Le Livre du pouvoir, qui contenait les formules permettant de les évoquer ou de les renvoyer. On prétendait qu'il chevauchait un démon ayant pris la forme d'un cheval, qu'il faisait surgir du néant de somptueux festins, et qu'il avait contraint ces fils de l'Enfer à bâtir des ponts et à déplacer des montagnes.
Aussi inspirait-t-il une vive crainte aux gens du commun. Quand il mourut, il fut enterré solennellement, et Le Livre du pouvoir fut accroché au mur de l'église près de son tombeau. Pendant des siècles, personne n'osa l'ouvrir ni même le toucher, par crainte de libérer les créatures que ses formules magiques permettaient d'évoquer.

Scot passait pour avoir partie liée avec l'ennemi par excellence de l'univers, mettant ainsi en péril aussi bien sa personne que son entourage, et que l'ordre même de la nature. Ce n'était pas chose aisée que de toucher au domaine interdit et de rester indemne. Un magicien devait faire preuve d'un grand courage et d'une grande habileté pour commander aux puissances des ténèbres sans devenir leur victime.

jeudi 8 juin 2017

Roger de Laron et le ''Grand Oeuvre'' -16/.- Sainte-Barbe

Une autre femme fait très bien le lien entre Dame Margot, Mélusine et l'alchimie... Cette autre femme, est célèbre, en ce moyen-âge, et par ici, c'est '' Sainte Barbe ''
Il en restera longtemps quelque chose, en effet, vers 1900, à Felletin et à Aubusson : la ''Sainte Barbe'' ( 4 décembre) est un événement important, un jour chômé, marqué par des coups de feu et de copieux repas bien arrosés. 
Les creusois économisaient en prévision de ce jour de fête familiale pour lequel ils réservaient traditionnellement une dinde ou une oie dans les campagnes avoisinantes. Des coups de pistolets et de fusils, sirènes et cloches appelaient les ouvriers, non plus au travail mais au rassemblement festif. Avec le temps cette tradition festive collective a perdu de sa ferveur pour prendre l’allure d’un simple banquet, puis - depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale - le 4 décembre n’est plus un jour chômé.

L'histoire de cette sainte, se situe à Nicomédie, dans la province de Bithynie (aujourd’hui Izmit en Turquie) sous le règne de l’empereur Maximin I, dit le Thrace (235-238) ; elle est la fille du gouverneur Dioscore.
Pour la préserver des sollicitations du monde et surtout du prosélytisme chrétien, son père la fait enfermer dans une tour qui n’est éclairée que par deux fenêtres. Un prêtre chrétien, déguisé en médecin, s’introduit dans la tour et la baptise...
Pour manifester sa foi en la St Trinité, elle perce elle-même dans les murs de sa prison une troisième fenêtre. Sa conversion au christianisme, rend furieux son père qui met le feu à la tour. Elle s'enfuit, et se réfugie dans le creux d’un rocher, qui miraculeusement s’entrouvre pour lui donner asile. Jetée en prison, elle subit le martyr. On laboure son corps avec des peignes de fer et des torches allumées sont enfoncées dans ses côtes. En colère, son père la frappe de son épée. Il est immédiatement foudroyé.


La Tour, peut symboliser le corps dans laquelle l'âme individuelle est enfermée. Sa virginité (et son mariage mystique), peut attirer le Feu du ciel : c'est l'union du Féminin, et du masculin, de la Terre et du ciel, de l'âme et de l'Esprit …
On retrouve cette même image dans la ''Maison Dieu'' du Tarot. Les jumeaux de la '' Maison Dieu'' sont les fruits de l'union dont on vient de parler... C'est surtout la promesse de l’Homme Nouveau qui se révèle dans la Lame XX - le Jugement, après que les Noces alchimiques du Soleil et de la Lune ont eu lieu dans l’Athanor de sainte Barbe. Comme pourrait le révéler Hermès le Trismégiste ; sainte Barbe possède  « les trois parties de la Philosophie de tout le monde », et la Pierre dressée est notre matière à transmuter en corps de Gloire, alors seulement, la mort sera abolie, et l’on possédera les « clés du royaume des ciels. ».

Sainte-Barbe est représentée à côté d'une tour ''allumée'', représentative de l’athanor des alchimistes.
Dire qu'une '' vierge '' est enfermée dans une tour-symbole de l'Athanor, c'est dire que la'' materia prima ''des alchimistes est prête à la transmutation...
La Tour et la foudre sont deux éléments liés à Sainte Barbe patronne des alchimistes et de tous ceux qui exercent un métier en rapport avec le Feu (patronne des pompiers, des mineurs, etc…).
La Tour est l'élément capital qui rejoint, Mélusine : Dame Margot, et comme nous venons de le voir : Sainte-Barbe


Ensuite, un homme charitable, Valentin, enterra le corps de Barbe avec celui d’une autre vierge, martyrisée avec elle, Juliana (Julienne). Sa tombe attira beaucoup de pèlerins et fut le site de nombreuses guérisons.  

<-- Boltraffio, Sainte Barbe - Porteuse du Graal